31 mai 2012

Intégration: un jugement important

Si les casseroles ne faisaient pas autant de bruit, peut-on aurait-on accordé un peu plus de place à ce jugement rendu par la Cour d'appel du Québec. Je publie le texte in extenso à cause de l'importance de cette décision mais aussi la qualité du texte qui la rapporte.


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Dur revers pour les tenants de l’intégration à tout prix

Un jugement donne raison à la commission scolaire des Phares contre les parents d’un élève atteint de trisomie

Lisa-Marie Gervais   30 mai 2012  Éducation
La place de Joël Potvin, jeune Rimouskois atteint de trisomie, n’était pas en classe ordinaire, mais bien en classe spécialisée, avec d’autres élèves nécessitant des services adaptés. C’est ce qui ressort d’un jugement rendu hier par la Cour d’appel, qui donne raison à la Commission scolaire des Phares et la dispense de payer des indemnités aux parents du jeune garçon aujourd’hui âgé de 17 ans.

C’est un jugement d’autant plus difficile à avaler pour la famille Potvin qu’elle avait remporté deux victoires devant le Tribunal des droits de la personne, alléguant que Joël avait souffert de discrimination. Dans l’importante décision qui vient d’être rendue, l’Honorable Louis Rochette, lui, n’est pas de cet avis. Il établit ainsi un important précédent démontrant qu’il y a des limites à l’intégration à tout prix des enfants handicapés et en difficulté d’adaptation et/ou d’apprentissage (EHDAA).

Selon le juge Rochette, la Commission des droits de la personne, qui a notamment soutenu la cause, « n’a pas prouvé que l’évaluation de Joël, les mesures d’adaptation des services éducatifs proposées et le classement préconisé […] étaient déraisonnables au regard du droit de l’élève de recevoir, en pleine égalité, des services éducatifs adaptés à ses besoins ». Il précise en outre que « l’élève a fait l’objet d’une évaluation personnalisée » et que la commission scolaire a pris une décision « qui lui paraissait rejoindre les besoins de l’enfant ». « Les droits de Joël n’ont pas été affectés par cette décision », statue le juge Rochette.
 
Historique de la cause
L’affaire remonte à 2003, mais une première décision est rendue par le Tribunal des droits de la personne en novembre 2004. La commission scolaire de Rimouski est alors condamnée à verser 50 000 $ aux parents en dommages matériels et moraux. Le Tribunal soutenait alors que la commission scolaire avait « contrevenu à la Charte des droits et libertés de la personne, en exerçant de la discrimination systémique à l’endroit des élèves présentant une déficience intellectuelle ou un handicap ».

En gros, on reprochait notamment à la commission scolaire des Phares d’avoir mal évalué le jeune trisomique, notamment en utilisant une grille d’évaluation non conçue pour des enfants atteints de déficience intellectuelle. La cause est portée en appel par la commission scolaire et, en janvier 2006, celle-ci est sommée de recommencer l’évaluation de Joël, ce qui fut fait.

En 2008, le Tribunal est à nouveau saisi d’une requête semblable pour discrimination. On allègue qu’il y a eu recul de la situation, le jeune trisomique n’étant plus intégré à mi-temps en classe ordinaire. Et rebelote. Les parents de Joël Potvin ainsi que ce dernier l’emportent une seconde fois. Condamnée à leur verser 45 000 $, la Commission scolaire des Phares en a appelé de la décision… avec le résultat qu’on connaît aujourd’hui et qui lui donne raison sur toute la ligne.

27 mai 2012

Pourquoi un blogue anonyme? (ajout)

Je sais que la question a été maintes fois abordée, mais je m'en voudrais de ne pas faire part de court texte du Devoir qui s'intéresse à la liberté d'expression des fonctionnaires gouvernementaux.

Les employés du ministère de l’Éducation ont reçu hier un message leur demandant de renoncer au carré rouge. Dans une lettre, la direction des ressources humaines indique que quelques employés «arborent des symboles en lien avec la lutte étudiante contre la hausse des frais de scolarité lorsqu’ils sont sur les lieux de travail».    

Même si le ministère leur accorde le droit de s’exprimer librement, on rappelle aux employés qu’ils demeurent dans l’obligation de « faire preuve de réserve dans la manifestation publique de vos opinions. Cette obligation s’applique autant dans votre vie privée que professionnelle ». Une porte-parole au ministère a expliqué que des employés étaient mal à l’aise devant le port de symboles associés à la cause étudiante. C’est pour cette raison que la direction des ressources humaines est intervenue.


C'est chouette de savoir que le MELS m'accorde le droit de m'exprimer librement, tout en me disant que je dois faire preuve de réserve dans ma vie professionnelle et privée. Un beau jour, je vous retrouverai les dispositions de la convention collective nationale concernant la fidélité que les fonctionnaires doivent à leur employeur.

Bref, pourquoi un blogue anonyme déjà?

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Tiens, voici la réaction du ministre des Transports à la manifestation des juristes contre la loi 78 et d'un de ses organisateurs qui oeuvre à la SAAQ:

«Si c'est le cas, étant donné qu'il s'agit d'un avocat, c'est non seulement un manque de jugement grave de sa part, c'est aussi un manque de loyauté au devoir qu'il lui est imposé en vertu des articles 10 et 11 de la Loi sur la fonction publique et j'espère très sincèrement que l'individu en question sera sanctionné à la hauteur du manque de jugement dont il a fait preuve», a tonné le ministre Moreau, mardi, peu après la période des questions à l'Assemblée nationale. 

il faut savoir que ces articles stipulent qu'un fonctionnaire doit faire preuve «de neutralité politique dans l'exercice de ses fonctions» et «de réserve dans la manifestation publique de ses opinions politiques».

Rien de mieux pour donner le gout d'avoir des convictions et de les exprimer.


26 mai 2012

Matricule 728: déjà condamnée en déontologie

La Presse révèle que l'agente 728, qui aurait allégement poivré des manifestants, a déjà été condamnée en déontologie policière (jugement ici).

«Le Comité de déontologie policière avait jugé qu'elle avait eu une attitude agressive et obtuse envers certains membres du personnel de l'hôpital Sainte-Justine, alors qu'elle enquêtait à cet endroit, le 14 juillet 1996, suite à une plainte de viol sur une mineure. D'ailleurs, le Comité avait aussi estimé que, lors du même incident, Mme Trudeau n'avait pas préservé la confidentialité qui se rattachait à ce type d'enquête.»


25 mai 2012

À en perdre le fil...

Bon, essayons de ne pas parler de la crise étudiante.

Récemment, le MELS s'est aperçu que les élèves pouvaient tricher avec des appareils électroniques lors des examens de fin d'année. Il était temps, direz-vous... Donc, tout élève surpris à utiliser un appareil de ce genre est automatiquement retiré de l'épreuve et doit aller en reprise au mois d'août.

De plus, afin de limiter la tricherie, le MELS suggèrerait (qu'on m'a dit) de fermer le réseau sans fil des écoles lors des journées d'épreuves ministérielles, tout au moins le réseau non sécurisé. Ma CS est donc allée de l'avant avec cette suggestion en fermant tout son réseau sans fil, sécurisé ou non. Impossible de le faire école par école. Résultat: tant les écoles primaires que les niveaux du secondaire qui ne sont pas en évaluation sont privés de l'accès à Internet les jours d'examens ministériels.

À mon école, nous avons un programme NTIC et personne ne nous a avertis de quoi que ce soit. Tous les portables des profs et des élèves ne servaient à rien ces journées-là. Dans une classe, on a réussi à contourner le truc en créant un réseau avec un cellulaire 3G d'un élève débrouillard. On se demande maintenant comment on fera pour entrer nos notes ou travailler lors la session d'examens ministériels de juin.

Une question: lors d'un examen ministériel, il y a un surveillant dans chaque classe. Ça ne suffit pas? D'autant plus qu'un élève peut utiliser son cellulaire malgré tout.

24 mai 2012

Si j'étais avocat...

Les policiers viennent de fournir un argument très fort aux manifestants arrêtés dans ce conflit en indiquant qu'ils utiliseraient une sirène pour signifier qu'il faut se disperser. Ça revient à dire qu'il est raisonnable de penser que certains manifestants ne pouvaient pas l'entendre et qu'ils n'ont pas formellement enfreint la loi.

«Plusieurs personnes ont critiqué aujourd'hui les arrestations massives de la veille. Le SPVM a annoncé qu'une sirène sonnera une fois l'avis de dispersion donnée, afin d'assurer que l'ensemble de la manifestation comprenne qu'il faut quitter les lieux.»

Sergeant Pepper en retrait

LA SPVM a décidé que la constable 728 ne participerait plus à l'encadrement de manifestations. On se demande pourquoi. Les autorités policières refusent d'indiquer la raison de ce retrait...

22 mai 2012

La citation du jour

On peut lire sur canoe:

C'est à la demande de la Sûreté du Québec (SQ) et de la police de Montréal que le gouvernement Charest a resserré l'encadrement des manifestations. «Ils (corps policiers) ont les outils qu'ils ont besoin, qu'ils nous ont demandés, pour pouvoir intervenir plus tôt, c'est à eux de les utiliser à bon escient», a déclaré mardi le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil.

 À ce que je me souvienne, ce sont les mêmes policiers qui ont demandé, longtemps sans succès, une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

21 mai 2012

Montréal a son Sergeant Pepper!


Cette policière a-t-elle abusé du vaporisateur de poivre? A vous de juger.

La police interprétera la loi avec discernement

Différents ministres du gouvernement Charest ont indiqué faire confiance aux forces de police quant à l'application de la loi 78. Dans une intervention policière à Sherbrooke, on peut remettre en question cet acte de foi de nos politiciens. En effet, à 1mte 48 sec, un policier y va de l'affirmation suivante: «Quand la manifestation devient illégale, la Charte de droit ne s'applique pas.»

Il y a de bons et moins bons policiers. Il y en a qui sont dépassés par les événements. Mais ici, est-ce que j'en ai manqué des bouts quant à mon éducation citoyenne?

20 mai 2012

Les gros bras et les émeutes

Je me suis abstenu de trop intervenir sur le débat entourant la crise étudiante. Trop d'émotion dans l'air, trop de bêtise aussi. Mon attitude n'est pas hautaine: je préférais me taire qu'en rajouter. Mais maintenant que la situation semble assez claire, pourquoi se priver de relever les imbéciliés émises par certains intervenants reliés à toute cette saga?

La palme revient aujourd'hui à Pierre Moreau, ministre des Transports, qui ne calme résolument pas ses transports quand il est interviewé par les journalistes.

«Il y a certainement des dispositions de la loi 78 qui pourraient s'appliquer à la manifestation d'hier, c'est clair», a-t-il affirmé en tentant de justifier l'instauration d'une loi spéciale qui a tout de spéciale. Le hic, c'est qu'il existait déjà des articles de loi visant à réprimer les gestes posés hier. Il faut croire que l'efficacité de la nouvelle législation n'est pas à court terme.

«Ce n'est pas parce qu'une loi est adoptée que vous allez freiner en 35 secondes tout le monde qui pose des gestes illégaux. Par contre, l'application de la loi fait en sorte qu'au fur et à mesure que les policiers font leur travail, et ça peut prendre un certain temps, ils sont à même de déposer contre ces gens-là des accusations qui sont à la mesure des gestes odieux qu'ils posent et des actes criminels qu'ils commettent», rajoute le ministre des routes et déroutes. C'est bizarre, mais pourquoi n'en aurait-il pas été de même pour les articles déjà existants? On assistait à un essoufflement des manifestations avant que le gouvernement Charest rallume (sciemment ou non) le feu étudiant, malgré l'incapacité chronique des forces policières à arrêter les véritables casseurs.

D'ailleurs, ce fait entre en totale contradiction avec le discours voulant que nos braves agents de la paix soient efficaces et professionnels, comme se plaisent à nous le répéter nos dirigeants. Ça fait presque 100 jours qu'un groupe de casseurs se livrent à des actions condamnables lors des manifestations étudiantes. Pour l'efficacité, on repassera. On notera aussi que la loi 78 permet dorénavant à la Sûreté du Québec de se mêler plus directement de la répression des événements qui surviendront à Montréal. Un constat d'échec quant au SPVM? L'arrivée d'une police plus «politique» aux yeux de certains?

Enfin, selon la journaliste, le ministre «soutient que les événements d'hier ne s'inscrivent pas dans une escalade de la violence, puisque ce sont des actes aussi graves qui ont poussé le gouvernement à mettre cette loi de l'avant.» Pas d'escalade? Pourtant, c'est bien la première fois que j'entends parler de cocktails Molotov et d'incendies lors d'une manifestation étudiante. Je dois en avoir manqué des morceaux...

On notera que le départ de Line Beauchamp coïncide exactement avec l'actions des «faucons» et partisans de la ligne dure avec les étudiants. Mme Beauchamp n'a pas démissionné seulement comme ministre de l'Éducation mais aussi comme députée. Faut-il y voir un lien?

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Ah oui: les postions défendues dans ce blogue ne visent qu'à susciter un débat éclairé. En aucun temps, ils ne visent la valorisation de comportements illégaux (comme la corruption, la fraude, le délit d'initié, le faux témoignage, la subordination de témoin ou autre) ou violents.